Cauchemar PR ou opportunité ?

Posted: December 6th, 2009 | Author: Jean-Michel | Filed under: Communication | Tags: , , | No Comments »

Ça arrive partout… Des employés, non convaincu que la façon de faire de leur entreprise correspond à leur vision, quittent leur emplois pour devenir travailleurs autonomes et appliquer leur vision au monde.

Spot.us Spot.us a créé une communauté permettant à des journalistes indépendants d’être payés pour réaliser un article ou un reportage. Le modèle est très bien décrit ici.

Le concept est intéressant puisqu’il permet au lectorat de déterminer les reportages qu’ils veulent consulter. Exit les choix des éditeurs et des salles de presse. C’est le citoyen qui décide. Tout semble parfait ? Ça reste à voir.

Le retour du pamphlet

Du point de vue du contrôle de l’information, ce nouveau type de communauté risque de créer des maux de tête aux responsables de relations publiques tout en leur donnant certaines opportunités.

Les maux de tête pourraient survenir lorsque des groupes de pressions financeraient à grand frais des articles destructeurs pour l’image de marque d’une entreprise ou d’un secteur de l’industrie. À l’opposé, les entreprises désireuses d’augmenter leur capital de sympathie pourraient financer des journalistes qui proposent des reportages les favorisant.

Le modèle d’affaires de Spot.us, quoique intéressant pour les journalistes, ne permet pas une saine liberté d’expression puisqu’il favorise les riches en permettant à des entreprises fortunées de payer pour qu’un journaliste réalise son reportage. Un débalancement pourrait survenir où, par un apport plus important d’argent, les articles favorisant des entreprises ou leurs marchés seraient réalisés plus rapidements et en plus grand nombre que les articles financés à coups de 20$.

Un modèle d’affaires déjà existant ?

À moins que Spot.us ne clame tout haut ce que nombreux groupes médiatiques font tout bas ? À bien y penser, il est quand même délicat, pour un média, de dénoncer son plus gros annonceur dans un article. 

Avec tous les bouleversements qui surviennent dans les médias traditionnels, Spot.us propose un modèle rafraichit des entreprises médiatiques. Il sera donc intéressant de voir comment Spot.us, avec son absence de politique éditoriale, se développera dans l’avenir mouvementé des médias.


L’opportunité politique

Posted: September 24th, 2009 | Author: Jean-Michel | Filed under: Communication | 1 Comment »

Les communications sont critiques en temps d’élections. Chaque opportunité qu’un candidat a de faire fléchir l’opinion publique est un pas de plus vers une élection (ou une réélection).

Je n’habite pas Montréal et je n’ai pas l’intention de dévoiler quelque appartenance politique municipale, provinciale ou fédérale sur la place publique. Mon billet précédent sur le thème de Louise Harel a été fait sans couleur politique, seulement du point de vue communicationnel. L’équipe de Gérald Tremblay a toutefois aimé, semblerait, puisqu’elle a référé à mon billet dans leur bilan du jour 1.


Louise Harel travaille chez Bell

Posted: September 18th, 2009 | Author: Jean-Michel | Filed under: Communication | 1 Comment »

Madame Harel,

Le thème de votre campagne est très progressiste. Out les “Visons l’avenir” et les “Nous méritons mieux”, en 2009, dans cet univers technologique, on redémarre la ville. Bravo, enfin une politicienne qui innove dans ses thèmes. 1 point pour madame Harel, vous avez innové.

Mais madame Harel, comment puis-je croire en votre capacité à apporter du changement à la ville de Montréal lorsque je prends connaissance de l’explication que vous en donnez ? N’y a-t-il pas un jeune-techno-geek-partisan à qui vous auriez pu demander conseil avant de lancer votre thème ?

En résumé, selon l’article de Lia Lévesque sur Cyberpresse :

«Montréal souffre d’immobilisme, de lenteur, de lourdeur. Et comme un ordinateur, quand la machine est paralysée, quand elle est encombrée, quand elle est erratique, lorsque les fichiers sont corrompus, il n’y a pas mille solutions, il faut appuyer sur «reset» et redémarrer. Voilà ce que nous proposons», a lancé Mme Harel.

Donc si je comprends bien, redémarrer un ordinateur résout tous les problèmes ? Petite leçon d’informatique 101 :

Quand un ordinateur est…

…paralysé, c’est parce qu’il a trop de programmes ouverts de façon concurrente et le système ne peut plus les gérer, ou il a une incompatibilité avec d’autres composantes avec qui il interagit. La solution est de faire le ménage : On ferme des programmes inutiles qui encombrent la mémoire inutilement ou on trouve des composantes favorisant l’interaction avec les autres composantes.

… emcombré, c’est parce qu’il y a trop d’éléments sur le disque pour sa capacité. Il faut alors évaluer les éléments critiques au bon fonctionnement et s’assurer qu’ils ont toute l’espace requis, il faut reconnaitre les éléments qui pourraient être utiles dans un cours délai ou qui sont vraiment performants et leur faire une petite place aussi. Pour le reste, on supprime les éléments qui occupent trop de ressources, ne servent à rien et ne font que ralentir l’ensemble du système.

… erratique, c’est parce que les instructions envoyées par le système d’exploitation central ou par ses programmes de soutien ne sont plus assez claires pour être comprises par les composantes du système. Il faut alors changer le système d’exploitation ou remplacer les programmes de soutien.

… corrompu, c’est parce qu’un élément malveillant extérieur a manipulé les fichiers à son avantage ou le support assurant la qualité des fichiers est défectueux. La solution, mettre en place des mécanismes de protection efficaces et agiles et remplacer le système de support physique interne.

Alors quand vous affirmez qu’il ne suffit que de redémarrer la ville pour régler tous les problèmes, vous me faites penser aux agents du support technique de premier niveau de Bell qui demandent systématiquement de redémarrer l’ordinateur dès les premières étapes de support. S’ils sont chanceux, le redémarrage va avoir effacé les problèmes de la mémoire vive, mais ne les aura pas réglés à la source. S’ils sont très chanceux, ce ne sera pas eux qui auront l’odieux de tenter de résoudre le problème en profondeur lorsque le client rappellera une deuxième fois. Et c’est ainsi que des centaines de Québécois, chaque jour, redémarrent leur ordinateur dans l’espoir de cacher ce vilain problème pas beau à voir du tout.

Une ville, comme un ordinateur, possède plus que mille façons d’être guérie. Redémarrer l’ordinateur est le plus simple et requiert le moins d’effort. C’est quand l’ordinateur ne redémarre plus qu’on reconnait l’intelligence de ceux qui ont su sauver les éléments critiques du système et le manque de prudence de ceux qui ont sifflé bêtement en disant que le système pourrait être redémarré infiniment.

Et vous madame Harel ? Avez-vous prévu une copie de sauvegarde ?


L’excellent communicateur

Posted: June 12th, 2009 | Author: Jean-Michel | Filed under: Communication | Tags: | No Comments »

Je n’ai pas besoin de rappeler comment Barack Obama est un excellent communicateur. Tout le monde le sait.

La communication, c’est l’art de choisir le bon canal pour permettre de transmettre le bon message d’un bon émetteur vers un bon récepteur au bon moment. Facile !

Beaucoup d’ennuis communicationnels proviennent de l’incapacité à aligner les planètes pour s’assurer d’avoir un bon écosystème communicationnel. Souvent, le moment est mal choisi, le destinataire peu attentif, l’interlocuteur est non crédible, le canal ne se rend pas au bon destinataire ou le message est flou. Bref, suffisament de bruit pour rendre la communication inefficace.

Prenons l’exemple provenant d’un article sur Cyberpresse

Le succès d’Obama provient de son énorme capacité d’écoute jumelée à une intelligence émotionnelle foudroyante. Décortiquont l’événement  :

Obama a très bien choisi son canal : la discussion un à un.

M. Obama répondait aux questions de l’assistance lors d’une réunion publique à Green Bay quand il a donné la parole à John Corpus.

Le père a pris la peine de mentionner que sa fille avait raté de l’école pour venir voir le président. Mentionner ce fait indique que le père n’est pas très à l’aise de le faire parce que l’école est importante pour lui, mais qu’il juge que le fait que sa fille voit Obama de ses propres yeux est encore PLUS important. Comment réagi Obama  ?

«J’ai la chance d’être ici avec ma fille de 10 ans, elle manque son dernier jour d’école pour ça, j’espère qu’elle ne va pas avoir d’ennuis, a dit John.

- Oh non ! s’est exclamé M. Obama.

- Si.

- Vous avez besoin d’un mot de ma part ? a demandé M. Obama au milieu des rires de l’assemblée.

- Chiche, Monsieur le président.

- D’accord, allez-y. Je m’y mets tout de suite. Comment s’appelle-t-elle ?

- John Corpus…

- Non, elle…», a rectifié M. Obama.

John Corpus a alors entrepris de poser sa question, quand M. Obama l’a arrêté: «Non, non, c’est sérieux, comment s’appelle-t-elle ?» Kennedy ? «C’est cool comme nom», a lâché M. Obama.

Barack Obama a pris le temps d’écouter et d’analyser ce qui motivait les gestes de John Corpus. Ce n’est pas sa question qui compte, ce n’est pas le fait qu’il voit Obama qui compte, c’est le fait que Obama représente l’espoir, cet espoir d’un avenir meilleur pour ses enfants, dont Kennedy. Les politiques d’Obama risquent de changer drastiquement le peuple américain. En environnement, en santé, dans le monde financier, Obama représente l’espoir d’un avenir meilleur pour les jeunes générations.

John Corpus a sacrifié une journée d’école pour donner l’expérience d’une vie à sa petite fille : Rencontrer Obama, ce grand homme. Qu’a fait Obama ?

Quelques instants plus tard, Kennedy traversait la foule pour recevoir des mains de M. Obama le billet qu’il avait rédigé pour elle pendant que son père interrogeait le président sur le temps qu’il faudrait pour réformer le système de santé.

Il a répondu au souhait caché de John Corpus… Fabuleux ! Dans cet exercice, Obama a :

  • Choisi le bon canal : Conversation un à un, intime
  • Transformé un récepteur en bon récepteur : Il a plus que répondu au souhait de John, le rendant réceptif au message
  • Adapté l’émetteur à l’environnement : Il a écouté son environnement et adapté son intervention
  • Utilisé un bon message : Il l’a adapté à son interlocuteur (”C’est cool comme nom”)

Obama n’est pas un bon communicateur parce qu’il est supérieur à nous tous, il est un bon communicateur parce qu’il connait et maîtrise la recette. Et apprendre une recette peut se faire par n’importe qui, suffit d’y mettre le temps et l’effort.